Créé le 30-01-2012 à 13h17 - Mis à jour à 14h27 26 réactions
Nicolas Sarkozy dimanche 29 janvier. (LIONEL BONAVENTURE / POOL / AFP) Etrange. Bizarre. Confus. Au lendemain de l’intervention de Nicolas Sarkozy, on se perd en conjectures sur les intentions que poursuivait le président-candidat en convoquant six chaînes (!) au Palais de l’Elysée. Résumons brièvement ce qui ressemble, en définitive, à un festival d’une heure et quart de contradictions tous azimuts : le chef de l’Etat pose en capitaine Courage seul à même de piloter le paquebot France dans la tempête de la crise. Fort bien. Il annonce donc une hausse de la TVA. Logique. Mais il garantit qu’elle n’aura aucune incidence sur les prix et il assure même qu’il ne procèdera à "aucune augmentation d’impôt", comme si la TVA n’en était pas un…
Dans la foulée, Nicolas Sarkozy jure n’avoir jamais prononcé l’expression "TVA sociale", lui qui l’a fait une bonne trentaine de fois ces cinq dernières années. De même, il dresse un tableau noir de l’état de la France, insistant sur la chute de compétitivité subie "depuis dix ans", soit depuis que la droite est au pouvoir. Et il vante par contraste la situation économique de l’Allemagne en couvrant de louanges Gerhard Schröder… qui fut vaincu dans les urnes outre-Rhin. Après avoir supprimé un impôt de bourse cousin, Nicolas Sarkozy confirme également l’instauration d’une taxe sur les transactions financières dans un seul pays, une perspective qu’il jugeait "absurde" il y a encore quelques mois.
Enfin, il remet sur le tapis le chiffon rouge des 35 heures, que la droite s’est bien gardée de supprimer depuis dix ans, et entend confier aux partenaires sociaux le soin de négocier l’allongement de la durée du temps de travail, entreprise par entreprise : en 2007, Nicolas Sarkozy l’emporta grâce au slogan "Travailler plus pour gagner plus", cinq ans plus tard, il repart au combat avec l’étendard : "Travailler plus pour… travailler plus". Et même "travailler plus… pour payer plus" si l’on prend en compte les probables conséquences de la hausse de la TVA sur l’inflation.
Au final, ultime mais saisissante contradiction, Nicolas Sarkozy qui s’est escrimé pendant une heure, à poser en président jusqu’au bout, annonce bel et bien sa candidature : "J’ai un rendez-vous avec les Français et je ne me déroberai pas". A disséquer autant d’oscillations, d’approximations, et de tête-à-queue, on comprend que le doute se soit emparé de son camp à 80 jours de l’échéance élyséenne.
Etrange, l’intervention présidentielle de dimanche soir n’est pourtant pas totalement inédite. Elle en rappelle une autre qui ne fut pas moins ubuesque : celle de Jacques Chirac le 21 avril 1997. Ce jour-là, on s’en souvient, le président de l’époque était venu annoncer aux Français une dissolution de l’Assemblée nationale qu’il avait récusée à plusieurs reprises les mois précédents.
Convaincu qu’en demeurant immobile, il continuerait de s’enfoncer dans les sables mouvants de l’impopularité, Jacques Chirac se résolut à bouger… pour bouger ! Et il se noya. Nul n’a jamais vraiment compris les "circonstances exceptionnelles" qui justifiaient de sa part l’exécution d’une initiative tellement audacieuse qu’elle finit, avec la victoire de Lionel Jospin, par se retourner contre son auteur.
Nicolas Sarkozy marche sur les traces de son aîné. Dimanche soir, il a procédé à la dissolution de son propre bilan. Pour le faire oublier, il est venu dévoiler une batterie de réformes que tout autre dirigeant, en Allemagne ou ailleurs, aurait prise… en début de mandat. Annoncer des mesures qui ne prendront effet que s’il est réélu achève de dessiner les contours d’un mandat qui, de bout en bout, et de secousses en convulsions, se déroula à contre-temps.
En à peine cinq ans, le quinquennat sarkozyste aura consisté à faire tout… et son contraire, et à défaire à la fin ce qui avait été entrepris au début : bouclier fiscal conforté puis supprimé, TVA restauration abaissée puis rehaussée, réception en grandes pompes de Kadhafi puis intervention en Lybie, couple franco-allemand négligé puis encensé, relations avec la Grande-Bretagne confortées puis méprisées, police de proximité supprimée puis rétablie, etc…
Dans tous les domaines, les volte-face, que l’impact de la seule crise économique ne saurait justifier, sont tellement nombreuses qu’elles en viennent à cerner la quintessence du sarkozyme, en campagne comme au pouvoir : parler sans cesse, bouger tout le temps, voire agir souvent, mais sans jamais se soucier ni du sens, ni de la cohérence. Avec l’énergie pour carburant, et le bougisme pour viatique, Nicolas Sarkozy a franchi une à une les étapes de la conquête. Une fois au sommet, la même méthode a condamné son volontarisme stérile à se fracasser sur le mur du réel.
A propos de la candidature de François Mitterrand en 1988, Lionel Jospin lâcha un jour une interrogation terrible, parce que terriblement juste : "Un second septennat, pour quoi faire ?". C’est faute d’y avoir répondu que le dernier mandat de l’ancien président socialiste fut un naufrage. Un second quinquennat Sarkozy ? Pourquoi faire ? Par-delà le brouillard attisé par son agitation, c’est à cette question que le candidat Sarkozy ne parvient pas à répondre. Président sans boussole, il s’est transformé dimanche soir en candidat sans cap.
Ses propos :
"J'ai un rendez vous avec les Français.
Je ne me déroberai pas, et franchement ça approche."
Y a t-il quelqu'un dans la salle, un pilote qui fait du rasemotte ?
Quelqu'un qui voudrait bien dénoncer l'imposture ?
Cet homme, votre champion, qui depuis qu'il existe en politique, n'est que "posture".
1. tenter de récupérer le Triple A, perdu auprès d'une des 3 Agences de Notation ds le but d'améliorer son image, entre autre, auprès d'un électorat de classe moyenne.
2. essayer de surfer sur la vague anti-délocalisation (A. Montebourg, J-L Mélenchon et "consommons français" avec cette taxe qui pourrait pénaliser les importations à bas coût de main d'oeuvre ou à faible législation sociale.
3. se rapprocher de la situation allemande.
On ne peut s'expliquer autrement cette hausse de la TVA (dite sociale), qui a coûté une cinquantaine de sièges à l'UMP aux Législatives de juin 2007 (entre les 2 tours, suite à un débat entre L. Fabius et J-L Borloo) uniquement par la volonté de rendre plus chers de 1,6 % les produits importés de l'étranger pour favoriser l'emploi en France.
Voilà un projet de réforme de structure, applicable après la Présidentielle, qui risque de coûter son siège au Président sortant.
Sur un plan historique, cela peut aussi faire penser dans leur esprit et leur accélération, aux projets de réforme de Turgot qui n'ont pu être appliqués et qui ont coûté son poste au Contrôleur général des Finances de Louis XVI, en 1776.
S'il avait été candidat, N. Sarkozy n'aurait pu engranger ds son bilan des mesures dt certaines pourraient être
6 chaînes pour un tel laïus , ça vaudrait le coup d'en connaître le coût ! il est ni plus ni moins qu'en campagne, et il a raison de dire que ce sont les Français qui jugeront; les Français pour la plus grande majorité ont déjà jugé, reste les affidés qui, on se demande bien, ce qu'ils peuvent reconnaître de positif dans ce quinquennat bien regrettable, car le bilan n'a rien d'élogieux : une France divisée, appauvrie dans tous les domaines, avec des relents dignes de ceux signés MLP !! c'est dire si la France se porte mal, preuve est le moral en baisse des Français, et le pessimisme en hausse ; la crise ne peut pas être responsable de la totalité de ce gâchis !
En tout cas, Merci Mr Dély pour cet article .
Il est tellement courageux qu'il a envoyé Juppé se faire corriger par Hollande. Et c'est Fillon qui affrontera M. Aubry.
Sarko? "serein" s'est "présidentialisé", mais taxe Hollande d'arrogance après l'avoir accusé de mollesse : comprenne qui pourra !
Pour ses mesures, en 6 mots :
1- 2 mensonges gros comme son bilan en bonnet d'âne :
" La crise est finie ", bravo président !
En 5 ans, rien fait contre dette, déficit, chômage, paradis fiscaux et 35 heures ("cette plaie"), "pas le temps" mais le paquet fiscal et les cadeaux CAC 40, c'était une urgence!
2- Ses mesures- hausse TVA, cadeaux au CAC40, fin des 35 heures- enrichiront les plus riches et enfonceront les plus pauvres, mais c'est "l'intérêt général" bien sûr.
3- Très courageusement, "ces mesures-choc" ne sont pas appliquées tout de suite par "un président qui agit", mais reportées à l'après-présidentielle par le candidat non déclaré, pour ne pas trop... "choquer"!
Tant de bravoure a conquis la crème de nos journalistes!
4-Aucune "mesure-choc" contre le chômage, la baisse du pouvoir d'achat, pour la relance et la croissance
5- 2ou 3 idées piquées sans gêne à Hollande "l'arrogant" : logement, banque de l'industrie..
6 - A. Merkel fera la campagne de sarko à ses côtés : une réussite !
Mis à part une présidence qui restera dans l'histoire comme la triste exaltation du Surmoi d'un président empli d'un sentiment de toute puissance, aucune cohérence ne se dégage vraiment des 5 années passées.
Même la détestation profonde du modèle français qui affleure régulièrement dans ses discours, bien qu'il s'en défende régulièrement, il n'a pas eu le courage (heureusement!) de le défaire en cohérence, et ce ne sont que bribes de mesures par ci, par là.
Hier soir, M Lenglet, à ma grande surprise, a tenté de parler de cohérence à NS...il a éludé la question deux fois, répondant à côté...Plus que 3 mois, qui risquent d'être fort éprouvant, à tenir...
Difficile en effet de trouver une cohérence. C'est comme s'il suivait une certaine ligne, il y croit à fond et puis tout retombe. Alors il tire un trait. Puis prend une autre direction, une autre ligne, une autre ascension et puis encore une descente. Et ainsi de suite: une ligne, une montée, une descente, une ligne, une montée, une descente,... pendant 5 ans !
C'est pas vraiment comme s'il déraillait, mais c'est comme s'il passait sans cesse d'un rail à un autre.
Je suis un peu comme vous, je n'arrive pas à expliquer ce comportement.
Et dire qu'il avait tant de flair au début. Tant d'aspirations et tant d'inspiration.
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