mardi 6 mars 2012

Le patron de Costa attaque Schettino

Le patron de Costa Croisières s'est exprimé devant une commission du Sénat.

Le patron de Costa Croisières s'est exprimé devant une commission du Sénat. © Paolo Rattini / AFP

Le capitaine du Concordia, Francesco Schettino, a trompé sa compagnie, Costa Crociere, avec des déclarations qui n'ont pas permis de mesurer l'ampleur du drame le soir du naufrage, le 13 janvier, a affirmé mercredi le patron de Costa, Pier Luigi Foschi. Au cours d'une intervention devant une commission du Sénat, M. Foschi a fourni un compte rendu détaillé, minute par minute, des conversations de M. Schettino avec Roberto Ferrarini, chef de l'unité de crise de Costa Crociere, elle-même faisant partie du géant américain Carnival Corp.

M. Foschi a indiqué, dans une déclaration lue devant les sénateurs, que Roberto Ferrarini a déclaré avoir reçu le premier appel de Schettino à 20 h 57 GMT, le 13 janvier, environ 10 minutes après l'impact contre un rocher qui a provoqué un grand trou dans la coque. "Schettino a dit qu'il avait un grand problème à bord. Il a dit à Ferrarini qu'il avait heurté un rocher et qu'il n'avait plus de courant à bord. Le capitaine a dit que seule une des pièces étanches avait été inondée", a déclaré M. Foschi.

Au cours d'un deuxième appel à 21 h 06 GMT, Schettino a dit à Ferrarini qu'une deuxième pièce étanche était remplie d'eau, mais que "la stabilité du navire n'était pas en danger". Le commandant "était très calme et disait que la situation était sous contrôle", a ajouté M. Foschi. Mais à 21 h 33 GMT, Schettino a déclaré que "le navire penchait de plus en plus" et à 21 h 35 GMT il a dit à Ferrarini que le navire serait abandonné. "Ferrarini a déclaré avoir été surpris par la décision d'abandonner le navire. Il a dit que la conversation précédente ne lui avait pas permis de comprendre que la situation était devenue aussi grave", a dit M. Foschi. Le naufrage de ce navire avec environ 4 300 personnes à bord à proximité de l'île du Giglio a provoqué, selon un bilan provisoire, 16 morts tandis que 16 autres personnes sont encore portées disparues.

Plus tôt dans la journée, la presse italienne a diffusé l'enregistrement d'une conversation téléphonique de Francesco Schettino, effectué à son insu avec des micros par des carabiniers au lendemain du naufrage. Une conversation dans laquelle le commandant indique avoir voulu "suivre le conseil du manager" qui lui indiquait la trajectoire à suivre.


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